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Comment choisir un prestataire IA quand on n'est pas technicien ?

Vous n'avez pas besoin de juger la technique. Demandez à un prestataire IA ce qu'il ne ferait pas dans votre projet, et regardez si son refus lui coûte quelque chose.

Vous n'avez aucun moyen de juger si le modèle qu'un prestataire IA vous propose est le bon, et vous n'en avez pas besoin. Demandez-lui ce qu'il ne ferait pas dans votre projet, et pourquoi. Sa réponse vous apprendra davantage que sa plaquette et ses références réunies, parce qu'un refus qui porte sur ce qui compte vraiment lui coûte de l'argent au moment même où il le formule. Choisir sans être technicien revient à juger une façon de travailler. Elle s'observe pendant l'échange, dans les questions qu'il pose sur vos volumes réels avant de proposer quoi que ce soit et dans sa manière d'expliquer où vont vos données.

Faut-il comprendre la technique pour choisir ?

Juger une architecture ou le choix d'un modèle demande une expertise que peu de dirigeants ont le temps d'acquérir, et ce niveau de détail relève du métier du prestataire. Sans cette expertise, vous pouvez quand même observer sa façon de travailler, à commencer par les questions qu'il pose avant de parler d'outil.

Partir du problème métier avant la technologie, transmettre de vraies compétences à vos équipes, ces promesses se lisent dans beaucoup de plaquettes, et une plaquette s'écrit en une après-midi. Les références tiennent mieux, elles se vérifient et méritent d'être demandées, mais elles décrivent des projets menés ailleurs, avec d'autres contraintes, et ne disent rien de la façon dont ce prestataire se comportera quand votre demande à vous ne tiendra pas la route. Le rendez-vous est le seul endroit où vous l'observez en direct.

Ces questions portent sur la personne en face de vous. Celle de savoir quoi construire se pose ailleurs, et nous l'avons traitée dans un article sur le choix entre un développement sur mesure et un outil existant.

Quelle question poser avant de signer ?

Demandez à chacun ce qu'il ne ferait pas dans votre projet, et pourquoi. Un prestataire qui répond que tout est faisable ne vous apprend rien sur sa façon de refuser.

Deux refus n'ont pas la même valeur. Un non sur un point secondaire, qui ne réduit aucun devis, peut même être un appât, un petit poste sacrifié pour gagner votre confiance et garder le gros du contrat. Celui qui vous renseigne vraiment porte sur ce que vous vouliez le plus acheter et s'appuie sur vos chiffres. Il coûte cher au prestataire, sur le poste le plus lourd de son propre devis. Un refus de ce genre vous dit comment cette personne travaillera une fois que vous aurez signé. Si deux prestataires passent ce test, gardez celui qui a creusé vos chiffres le plus loin.

Prenez l'extraction de vos factures fournisseurs vers la comptabilité. Un prestataire qui regarde vos volumes avant de proposer vous dira peut-être que dix factures par semaine, venant de trois fournisseurs réguliers dans un format stable, peuvent justifier l'automatisation. Il vous dira aussi, si c'est le cas, que deux factures par mois arrivant sous quinze formes différentes ne la justifient pas, et que les saisir à la main reste la meilleure option cette année. Peu de prestataires prononcent cette seconde phrase, parce qu'elle ampute leur propre devis.

La même question tient sur la relance de vos devis au bon moment, sur le contrôle de vos factures contre les bons de livraison et sur tout autre processus qui vous prend du temps sans vous le rendre. Chiffrer ce que ces tâches vous coûtent aujourd'hui, avant de décider quoi automatiser, est le travail d'un audit.

Et nous dans tout ça ?

La question se pose aussi pour nous. Nous vivons de projets qui se font, et l'article que vous venez de lire vous renvoie vers un audit que nous vendons. Une déclaration de bonne foi n'y change rien, la nôtre comprise, et le même filtre vaut donc aussi pour nous. Demandez-nous ce que nous ne ferions pas chez vous, et regardez si le refus ampute notre propre devis.

Que reste-t-il quand le prestataire s'en va ?

Le RGPD règle une partie de la question. Dès qu'une personne est identifiable dans ce que vous confiez à un prestataire, celui-ci devient sous-traitant et un contrat encadrant cette sous-traitance devient obligatoire (article 28). Cette responsabilité de bien choisir reste la vôtre, y compris quand vos équipes agissent de leur propre initiative, ce que nous avons détaillé dans un article sur les données clients confiées à l'IA. Au terme de la mission, ces données doivent vous être restituées ou supprimées selon votre choix, sous réserve des obligations légales de conservation (article 28, paragraphe 3, point g).

Ce contrat porte sur les garanties qu'offre le prestataire. L'endroit où sont hébergées vos données se règle à part. Si elles sortent de l'Union européenne, un encadrement supplémentaire devient nécessaire. Un hébergement en Europe reste la voie la plus simple à vérifier, et c'est ce qu'un bon prestataire vous proposera par défaut.

Restent les droits sur ce qui a été développé pour vous. Sans clause de cession écrite, ils appartiennent en général au prestataire, et vos paramétrages comme les accès aux comptes ouverts à votre nom n'ont pas de sort fixé d'avance. C'est au contrat de le prévoir, pendant que vous intéressez encore le prestataire.

Après la signature, ce refus ne coûte plus rien au prestataire, et vous ne l'entendrez plus.


Questions fréquentes

Faut-il comprendre la technique pour choisir un prestataire IA ?

Non. La technique est le métier du prestataire, et vous n'avez pas à l'arbitrer. Un dirigeant juge une méthode de travail, sans avoir besoin d'aucune compétence informatique. Repérez qui vous interroge sur vos volumes et vos habitudes, et qui préfère parler de son outil.

Quelle question poser à un prestataire IA avant de signer ?

Demandez-lui ce qu'il ne ferait pas chez vous, et pourquoi. Un refus crédible porte sur une chose que vous étiez prêt à payer et s'appuie sur un chiffre. Il coûte de l'argent à celui qui le prononce. Un refus sur un détail ne lui coûte rien.

À qui appartiennent les données et les paramétrages à la fin de la mission ?

Le RGPD règle le sort des données personnelles, qui sont supprimées ou restituées à votre demande en fin de prestation (article 28, paragraphe 3, point g). Le reste n'est protégé par aucune règle équivalente. Sans clause de cession écrite, ce qui a été développé pour vous appartient en général au prestataire, et vos accès et paramétrages n'ont aucun sort fixé d'avance. Cela se négocie avant la signature.

Faut-il choisir un prestataire IA qui connaît déjà mon secteur ?

Connaître le secteur aide surtout à comprendre le vocabulaire et les contraintes sans longue mise en route, mais cela n'empêche pas certains prestataires d'arriver avec une solution déjà choisie. Le bon signe reste qu'il regarde vos volumes et vos processus réels avant de proposer quoi que ce soit, même s'il découvre votre secteur en vous écoutant.


Ce contenu est fourni à titre informatif général. Il ne constitue pas un conseil juridique et ne remplace pas l'avis d'un avocat spécialisé en protection des données. Pour votre situation spécifique, consultez un conseiller juridique.

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